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#MentalbreakUP : Pression sous perfusion

Le hashtag #MentalbreakUP a fait parler de lui cette semaine. Les étudiants des universités Diderot et Descartes l’utilisent pour dénoncer les conditions de travail  dégradantes dans le cadre du projet « Université de Paris ». Partiels annulés, charge de travail trop grande ou pression scolaire, les blouses blanches sonnent l’alerte rouge.

L’hâche-tag de guerre

Des 1ères aux 3èmes années, un mal-être est bien présent dans les rangs des futurs médecins. À la suite du rassemblement de l’université Diderot et Descartes pour le projet de l’Université de Paris, c’est surtout la désorganisation et une préparation « sur le tas » qui ont été vécues par les étudiants. Pour alerter sur la situation, plusieurs syndicats se sont réunis. Un communiqué de presse rédigé par l’ANEMF, l’ACRP et les élus universitaires font état du déroulement catastrophique des épreuves de partiels : « Non-respect des gestes barrières, tablettes en panne non-remplacées, amphithéâtre sans connexion, non-accès à une partie du sujet d’examen… ». Sur Twitter, #MentalbreakUP montre une vidéo où des étudiants sont entassés dans les couloirs entre les épreuves. Un contexte sanitaire déplorable selon Alice, étudiante en deuxième année de médecine : « Sachant que nous sommes environ 850 dans la promo, ils ont voulu maintenir les partiels en présence ». Des séances d’examens qui « posent problème d’un point de vue sanitaire » selon la jeune-femme. Lundi, le manque de wifi et des erreurs techniques ont mis un terme aux épreuves. Le soir même, l’administration adresse un mail à tous les étudiants leur annonçant l’annulation de leurs partiels du lendemain. Néanmoins, aucune date de report n’est mentionnée : « Les examens du mardi 5 janvier sont reportés (nous n’avons pas de date de report à vous communiquer à ce jour) ». Contactés par la communauté étudiante, des rédactions comme Libération, Le Parisien ou Brut ont mis en lumière ces problématiques. L’administration a donc fait marche arrière en proposant des partiels à distance. Alice regrette cette « accumulation » que les étudiants connaissent depuis septembre 2020 : « C’est une accumulation du fait que l’on ait des milliers de pages, que le programme soit mal fait et bâclé » ; conséquences décriées du projet de l’Université de Paris.

L’Université du Pari

Le projet naît le 20 mars 2019 sous le décret n° 2019-209. Avec ce décret, le projet de rassemblement de Diderot et Descartes se veut être le lieu d’une « coopération international », d’un « développement de l’interdisciplinarité », d’un « développement de l’espace européen » ainsi qu’un désir de « miser sur l’excellence », assurant une renommée mondiale. L’établissement regroupe aujourd’hui 63 000 étudiants et 6 900 enseignants. L’université de Paris promet également d’assurer des cursus allant des arts aux sciences en passant par les lettres, l’économie ou le droit. Cependant, l’opération ne s’est pas passée comme prévu, puisqu’elle devait s’appliquer seulement à partir de septembre 2021. La réalité est toute autre : le projet s’est appliqué dès septembre 2020. Alice rend compte des défaillances et se sent comme faisant partie de l’année crash-test : « L’administration n’était pas prête, ni les profs, ni les programmes ». De plus, la charge de travail est de plus en plus grosse selon ses dires. Les programmes, devant se fusionner pour assurer la qualité des cours, se sont « additionnés ». Ethan, étudiant interrogé par Libération, a dénombré environ 4000 pages de cours à réviser. Pour beaucoup, qui étaient déjà en difficulté, « c’est juste impossible ».

Stress et détresse

La situation étudiante ne va pas en s’améliorant. Avec les confinements qui se sont suivis cette année, 73% des étudiants ont déclaré se sentir affectés sur le plan psychologique, affectif ou physique et 22% d’entre eux disent avoir eu des pensées suicidaires, selon un sondage de l’Ipsos. Dans le secteur de la médecine, même constat. Arabelle Dumoulin, vice-présidente de l’ACRP, Association des carabins réunifiés parisiens, déclare avoir effectué un sondage auprès des étudiants de 4ème année. A la suite du sondage, les chiffres tombent : 30% de la promotion note à 1/5 son état mental actuel. Alice fait le point sur sa future carrière. Malgré son envie de réussir et de réaliser son rêve, la remise en question vient rapidement la rattraper. Elle reconnaît que le corps du professorat rabaisse les élèves plutôt que de les motiver : « C’est épuisant de ne pas être en confiance dans ce que tu fais ». Cette situation en médecine est connue et surtout pour la surcharge de travail donné. « C’est super courant d’être déprimé en étant étudiant et surtout en médecine », conclue-t-elle.

Crédit photo : Université de Paris

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