Les Hirondelles de Kaboul

Écrit par Yasmina Khadra et publié en 2002, ce roman très court (149 pages) mais tout de même tristement poignant ne vous laissera pas de marbre. 

« Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là des exécutions publiques, les Taliban veillent. La joie et le rire sont suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l’obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n’a plus d’autres histoires à offrir que des tragédies. Le printemps des hirondelles semble bien loin encore… »

Nous sommes en 1998. Les talibans ont conquis le pouvoir par la guerre et imposent leurs principes religieux s’en prenant essentiellement aux femmes et bannissant toutes libertés. Dans cet Afghanistan caniculaire ravagé par la guerre, vivent deux couples : Atiq, un ancien moudjahid (combattant de divers mouvements de libération nationale du monde musulman), reconverti en gardien de prison, est marié à Mussarat, sa femme mourante. Il y a d’autre part Moshen époux de Zunairia, une jeune magistrat licenciée depuis l’occupation de Kaboul par les talibans. Leurs quotidiens n’est que désespoir et colère. La vie de Mussarat et de Zunaira prendront un tout autre tournant lorsque ce premier avouera à sa femme, emporté par l’hystérie de la foule, avoir participé à la lapidation sur place publique d’une prostituée. 

Un mot sur l’auteur : Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, a adopté les deux prénoms de sa femme comme pseudonyme en hommage à celle qui l’a toujours soutenu. Il est né en 1955 dans la Sahara algérien. Il est aujourd’hui l’une des plus importantes voix du monde arabe et un digne ambassadeur de la langue française. Ses romans sont traduits dans dix-sept pays et rencontrent un intérêt grandissant.Le livre a reçu le Prix des libraires algériens & le Prix du salon littéraire de Metz en 2003. Les Hirondelles de Kaboul, traduit aux USA par John Cullen, soutenu par les plus importants libraires américains et canadiens, a été élu Meilleur livre de l’année aux Etats-Unis par le San Francisco Chronicle et le Christian Sciences Monitor.

À travers ce roman bouleversant, déchirant et révoltant, l’auteur de Ce que le jour doit à la nuit,  a tenté de rendre hommage à la femme en témoignant des injustices qu’elles subissent chaque jour. Bien qu’il soit difficile à lire, Les Hirondelles de Kaboul nous aide à mieux comprendre, voire même réaliser, la situation catastrophique et inhumaine dans certain pays du moyen-orient. Et surtout, nous rappelle que les femmes, très souvent oubliées, sont les plus grandes victimes de ces régimes totalitaires.

Une adaptation cinématographique réalisé par Éléa Gobbé-Mévellec et Zabou Breitman est sortie dans les salles le 4 septembre 2019. Il a été nominé cette année pour le César du meilleur film d’animation. 

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