L’histoire du liban en 5 points clefs

La thawra (Révolution en arabe) Libanaise a débuté le 17 octobre 2019. Elle s’est déclenché suite à l’indignation populaire face à l’échec du gouvernement à trouver une issue à la crise économique. Depuis, le pays s’est enfoncé dans une crise globale sans précédent.

L’Histoire a un rôle clef dans la formation de cet ébranlement. 

  1. Le protectorat français (1918-1943) 

Au sortir de la Première Guerre mondiale, le Liban se retrouve dans la zone d’influence française définie d’après les accords Sykes-Picot. Ce mandat vient scinder la population en deux camps : ceux qui militent pour la fin de celui-ci (mouvement nationaliste arabe) et ceux qui considèrent ce lien avec la France comme une chance (parmi lesquels les Maronites sont majoritaires). Se succèdent alors plusieurs batailles comme celle de Khan Mayssaloun qui conclut le départ des partisans du royaume arabe en faveur de l’autorité française.

Le 1er septembre 1920, le protectorat français -alors influent- proclame l’État du Grand Liban et ses frontières sont définies. Le Liban tel qu’on le connait aujourd’hui est en train de naître : le pluriconfessionnalisme se met en place. En effet, la cohabitation des populations maronites, mais aussi des musulmans sunnites et chiites, des Alaouites et des Druzes au sein d’un même pays se construit. En 1926, la Constitution libanaise est promulguée et la République Libanaise remplace officiellement l’État du Grand Liban.

  1. La guerre israélo-arabe et l’indépendance (1948-1949 et 1943-1972)

Le protectorat français prend fin en 1943 en faveur d’un Liban qui se veut coupé de toute influence occidentale. En effet, le Liban fait partie des premiers pays à rejoindre la Ligue arabe en 1945 dans une dynamique régionale de réappropriation du Moyen-Orient par ses peuples. Il s’engage ensuite dans la guerre israélo-arabe de 1948-1949 aux côtés de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Irak, de la Syrie, de l’Arabie Saoudite et du Yémen du Nord. 

Cependant, dans un même temps le Président Camille Chamoun inscrit les échanges économiques du Liban vers l’Occident malgré le contexte pro-arabe. Le Liban prend en effet ses distances avec le reste avec les autres pays du Moyen-Orient durant le mandat de Chamoun. 

  1. La guerre du Liban (1975-1990)

Après une montée des périls régionale et nationale, le Liban sombre dans la guerre de 1975 à 1990. La guerre civile Libanaise est un conflit qui mêle affrontements intra-nationaux entre les différentes confessions et extra-nationaux avec l’injection d’interventions étrangères.

En automne 1989, l’accord de Taëf tente de restaurer la paix. Composé des efforts politiques de Hussein de Jordanie, du président Chadli Ben Jedid d’Algérie et du roi Fahd d’Arabie Saoudite cette rencontre aboutie à un cessez-le-feu et à une rencontre parlementaire pour entrevoir un accord plus durable de paix. 

Cependant, face à l’opposition du Général Aoun les affrontements reprennent avec les milices chrétiennes. Plus tard dans l’année, la Syrie resserre son influence à travers la signature de traités « de fraternité, coopération et coordination, et d’un accord de défense. »

Le sortir de la guerre s’effectue avec la collaboration de l’armée Syrienne et Libanaise qui confisquent les armes lourdes aux milices. Le général Aoun, qui refusait toujours la tutelle syrienne, est renvsersé le 13 octobre 1990. Le bilan fait état d’entre 130 000 et 250 000 victimes civiles, 17 000 disparus et des milliers d’exilés. Cette guerre change profondément le visage du Liban, autant au niveau des infrastructures que de la mentalité des Libanais: en effet, le pays ressort meurtri par 15 ans de conflit et le fait que la plupart des affrontements aient eu lieu entre civils instaure une tension entre les différentes confessions encore palpable aujourd’hui.

  1. Le Liban sous tutelle syrienne (1990-2005)

Le gouvernement de Rafic Hariri établit un plan de redressement économique du pays afin de stabiliser la livre libanaise. En parallèle, des plans de reconstruction du centre ville de Beyrouth émergent. Le plan du gouvernement était de faire financer la reconstruction par des investisseurs privés, arabes et libanais. Le Liban demeure sous tutelle syrienne le temps de la reconstruction générale du pays, défiguré et paupérisé par la guerre civile. Le Liban perd même sa position de métropole financière du Moyen-Orient principalement au profit de Dubaï. Les monarchies du Golfe se remettent à investir au Liban mais moins qu’avant 1975. 

Au niveau international, le Conseil de sécurité de l’ONU exige à la Syrie de retirer ses forces du Liban. Elle demande également la fin des activités militaires de la milice du Hezbollah et réclame le déploiement de l’armée libanaise sur l’ensemble de la frontière internationale avec Israël. Cette dernière demande reste insatisfaite. 

  1. Les crises de 2006 et 2008

En février 2006 le général Michel Aoun, (représentant du Courant Patriotique Libre) et Hassan Nasrallah, (représentant du Hezbollah) signent un document « d’entente national de 10 points » traitant de l’avenir du Liban. Les principaux points de cette entente sont encore aujourd’hui utilisés au sein des débats politiques. 

L’implication du Hezbollah dans la vie politique libanaise déplaît fortement et déclenche une crise: le 12 juillet, en réponse à la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah de violents combats éclatent entre les deux parties. Officiellement, Israël ne déclare pas la guerre au Liban car le traité de paix n’a jamais été signé depuis 1948. 

Le 13 juillet l’aéroport de Beyrouth et d’autres points clefs sont bombardés par l’armée israélienne. Le 30 juillet un nouvel attentat israélien éclate à Cana. Le 21 novembre, le ministre de l’industrie, Pierre Amine Gemayel est assassiné dans sa voiture dans la banlieue de Beyrouth. Le 13 juin 2007 le député Walid Eido et son fils sont assassinés dans un attentat à la voiture piégée, ce qui relance une fois de plus le Liban sur la voie glissante de la guerre civile. Le 19 septembre 2007 Antoine Ghanem, député, est assassiné dans une explosion à la voiture piégée. 

À la suite de cela, l’ensemble des partis prennent la décision d’élire un président « consensuel » et d’ainsi former un gouvernement d’union nationale en attente du résultat des élections parlementaires du 7 juin 2009. (Accord de Doha) 

Depuis 2009, le Liban est coincé dans une « démocratie bloquée » teintée de corruption. 

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