La Cancel Culture

Née des réseaux sociaux, la cancel culture est une forme de boycott collectif contre une personne ou un groupe de personnes jugées problématiques, voire dangereuses. Mais est-elle vraiment efficace ?

Se faire justice sois même 

Nous le savons, la justice française n’est pas très réactive ni efficace lorsqu’il s’agit de condamner des personnes ayant commît un crime. Les réseaux sociaux prennent énormément de place dans notre vie et, pour certains d’entre nous, ils ont un vrai impact sur celles-ci. C’est donc tout naturellement que les internautes ont pris le relais et ont décidé de se faire justice eux même. Des hashtags ont commencé à émerger provenant surtout de mouvements féministes : #balancetonporc #Iwas et, très récemment, #balancetonrappeur. Tous ont pour but de favoriser la libéralisation de la parole des victimes.

Cependant, la cancel culture franchie rarement la frontière du virtuel. Rare sont ceux qui ont vu leur vie être impactée par celle-ci. Un nom nous vient en tête : Polanski. Lors de la sortie du film J’accuse, nous avons pu observer un déferlement de colère quasi internationale contre le réalisateur français. En effet, Polanski a été reconnu coupable d’abus sexuel sur mineur mais il n’a cependant pas purgé la totalité de sa peine. Il est actuellement en fuite ici, en France, pays où l’extradition de ses citoyens est interdite. Sur les réseaux sociaux, tout le monde semble d’accord pour « cancel » Polanski et de boycotter son film. Mais la réalité a été toute autre : J’accuse a gagné le César de la meilleure réalisation en Janvier 2020. L’argument qui revenait très souvent pour justifier ce choix est qu’il faut séparer l’homme de l’artiste.

Hypocrisie collective ?

« Cancel » une personne c’est condamner un acte, une parole, voire même un crime, jugé moralement incorrecte. Tout le monde semble être d’accord pour dire qu’abuser une femme de n’importe quelle violence qui soit ne devrait même pas exister mais les actions pour condamner ces hommes ne suivent pas. L’artiste Chris Brown est à ce jour considéré comme une icone du rnb ; R.Kelly a pendant longtemps, sévit dans l’impunité la plus totale et ses ventes n’ont pas du tout été impacté et ce malgré que ses crimes sexuels soient connus du grand public. Tout le monde sait, tout le monde ferme les yeux car tout le monde aime l’artiste. Cela fait non seulement écho à la culture du viol mais elle complète également celle-ci.

Jeffree Star, qui est une grande icone dans le monde du maquillage, n’a absolument pas vu ses ventes chuter après que des personnes aient affiché sa négrophobie et son antisémitisme : on a retrouvé plusieurs photos de lui posant devant le drapeau confédéré, des vidéos de lui insultants les femmes noires et, comme si cela ne suffisait pas, il avait créé une marque de rouge à lèvres appelée « Lispstick Nazi ». Il a tout de même subit un petit boycott car, au vu de tout ces scandales, des marques de cosmétiques ont arrêté tout contrats de partenariat avec Jeffree Star. Sécurité ou véritable prise de partie ? Nous ne le saurons jamais. Mais malgré cela l’empire cosmétique de « l’icone » du maquillage publiquement raciste et antisémite, ne s’est absolument pas effondré.

La cancel culture pourrait en réalité avoir un impact considérable sur les personnes qui en sont victimes. Malheureusement, rares sont ceux qui sont prêts à passer outre, ce qui décribilise énormément le mouvement.

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