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Qu’est-ce qu’il se passe en Martinique ?

Depuis quelques années maintenant, les résidents de l’île dénoncent les effets néfastes qu’a le chlordécone sur la population. Ce qui marque le point de départ de la vague de protestations et de la création d’un comité anticolonialiste nommé le Rouge Vert Noir.

scandale sanitaire et environnemental


Utilisé massivement entre 1972 et 1993 dans les bananeraies, le chlordécone est un pesticide ultra-toxique qui a contaminé la quasi-totalité des Martiniquais et des Guadeloupéens. Il était utilisé principalement pour lutter contre le charançon de la banane, un insecte qui détruisait les cultures. Malgré que son utilisation soit interdite depuis 27 ans maintenant, la molécule est très persistante et peut mettre jusqu’à sept cent ans pour disparaitre totalement. Depuis, les habitants ont pu constater que le chlordécone a contaminé les sols, les rivières, une partie du littoral marin et ses êtres vivants, le bétail, les volailles et la population elle-même. En effet, l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) a démontré en 2012 que le chlordécone augmente le risque de prématurité et a des effets négatifs sur le développement cognitif et moteur des nourrissions. De plus, le pesticide serait à l’origine des nombreux cas de cancer de la prostate présents sur l’île, détenant ainsi le record du monde.

Le comité anticolonialiste crie à l’aide

Depuis plusieurs années, des militants dénoncent la passivité de l’État français face au scandale sanitaire et environnemental que représente le chlordécone. Dénonciations qui ont découlé petit à petit vers un combat anticolonialiste : les habitants pointent du doigt le racisme systémique, qui sévit depuis toujours sur l’île, conséquence direct de la colonisation. Les tensions sont devenues telles que des affrontements entre les militants et les force de l’ordre éclatent depuis janvier 2020 à Fort-de-France, la capitale. Cela a donné place à un désir d’identité propre (création d’un nouveau drapeau Rouge Vert Noir, remplaçant le drapeau
« aux serpents »). Mais aussi le rejet de grandes figures historiques coloniales dont les noms et statues ornent les rues et places de la ville. Lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, deux statues de Victor Schœlcher ont été déboulonnées. Le dimanche 26 juillet dernier, la statue de l’impératrice Joséphine et de Pierre Belain d’Esnambuc ont été détruites également. Des plaques de rues comme celle portant le nom de Victor Hugo ont été arraché. Sans compter le nombre de victimes de violences policières qui s’accroit de manifestations en manifestations.
La colère des habitants gonfle tel un ulcère, mais que se passera-t-il lorsqu’elle explosera ?

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