La marche de la honte

BILLET D’HUMEUR 

 La marche de la honte résume le trajet d’une personne pour rentrer chez-elle, habillée comme la veille, après avoir eu une relation sexuelle. Et si on en était fiers ? 

Je l’ai souvent entendu, le fameux : «  et tu ne te sens pas sale ? ». Pourtant, je n’ai jamais ressentie cette honte. The walk of shame c’est un peu comme les défauts physiques : ils répondent à une norme sociale et tu ne les remarques que lorsque l’on t’en parle. Car oui, aujourd’hui encore, la société tente de nous faire croire qu’il y a un modèle à tout. Un homme est plus légitime d’être avec une femme et inversement. La féminité résulte d’efforts tels que se maquiller, se coiffer et mettre des robes. De ce fait, les poils sur une femme peuvent la caractériser de négligée. Et pourtant… Il y a bien des erreurs dans ces affirmations et les acquiescer serait accepter l’inégalité entre les populations. The walk of shame affirme qu’une personne rentrant chez-elle après un coup d’un soir devrait avoir honte et se sentir sale parce qu’il est pensé qu’une femme qui aime se faire plaisir est une fille de joie. Le problème étant qu’il est pensé et instauré dès le plus jeune âge qu’un garçon actif est un homme, un vrai, et qu’une femme active est une putain. Cela n’a ni queue ni tête et apprend à certaine jeunes filles qu’elles doivent se protéger, faire attention. Mais… Attention à quoi ? 

Longtemps, j’y ai moi-même cru. Je me disais qu’être une femme m’empêchait de profiter au maximum, que cela pourrait être dégradant si mes histoires s’ébruitaient. Drôle de raisonnement, non ? C’est pourtant celui d’un nombre inimaginable de jeunes femmes qui, chaque fois qu’elles veulent se faire plaisir, se font insulter. Après réflexion, si la femme doit garder, même célibataire, une exclusivité pour son futur mari, c’est tout simplement parce qu’elle est rabaissée à cela. Une épouse, une mère, rien de plus est censé la caractériser. Cependant, et avant toute chose, une femme est humaine. Alors oui, cela peut paraitre étrange pour certains mais une femme a autant de sentiments que de désirs, elle peut avoir envie de rentrer avec un garçon qu’elle ne connait pas et cela tout en restant propre et respectable. Une femme peut même profiter seule et cela ne la rend pas moins charmante ou désirable. 

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La sexualité est, encore aujourd’hui, un immense tabou. Bien que de nombreux médias tentent le démystifier l’acte, certains restent bloqués sur leur position de départ : n’en parlons pas. 

Mais, moi, je veux en parler. Parce que lorsque je rentre chez-moi après un coup d’un soir, je danse dans la rue. Je suis contente et n’ai pas honte de l’être. Parce que j’ai été belle une soirée et que cela me suffit. Parce que j’ai donné du plaisir et j’en ai eu en retour. Parce que je n’ai pas besoin que l’on me dise ce qui est bien ou mal, ce qui va ou ne va pas chez-moi. 

La société n’a pas fait de moi ce qu’elle voulait. Je crois bien que j’ai gagné. 

Je vous laisse, je dois aller marcher. 

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