Claude Lombard, ou la poésie humaine

Alors que l’on s’attarde sur des chanteuses populaires à succès telles qu’Aya Nakamura ou Marwa Loud, nous oublions celles qui ont fait, et font encore, la poésie d’aujourd’hui. Je parle évidemment de Claude Lombard : celle qui, avec un rien, peut faire un tout. 

Nous sommes en 1968 quand la chanteuse Claude Lombard décide de représenter la Belgique à l’Eurovision… Et quelle représentation ! Le titre qu’elle interprète, « Quand tu reviendras », nous annonce la couleur : elle ne chante pas qu’avec sa tête, son coeur a, également, son mot à dire. Concept sommes toute rare à notre époque : laisser vivre ouvertement son coeur est devenu une épreuve, comme s’il était honteux de se dévoiler. Claude Lombard se dévoile, joliment, pudiquement et avec beaucoup de dignité.

ClaudeLombard01

« La tête perdue dans les nuages et le nez collé aux carreaux » chante Claude dans son titre Six ans aujourd’hui. Cette image est bien représentative de toute personne qui la découvre. En effet, lorsque nous l’écoutons, nous ne pouvons penser à autre chose qu’à ce qu’elle nous raconte. Des histoires, des poèmes, des pensées, sublimés par un grain de voix qui nous semble intime. Il est vrai que chacune de ses interprétations nous font nous questionner : mais qui est cette femme ? Comment puis-je ressentir cela ?

Au delà des émotions, ce sont des frissons qu’elle nous offre. 

Mon émouvant amour, cela vous dit surement quelque chose ? Je parle en effet de la chanson de Charles Aznavour, celle qui fait couler les larmes et battre les coeurs. La douce voix de femme que nous entendons chanter : « Mon amour, mon merveilleux amour, mon déchirant amour, mon émouvant amour. » n’est autre que celle de Claude. Alors oui, nous pouvons prendre un instant pour souffler et réaliser : cette femme vaut de l’or. Elle écrit divinement bien, ne chante pas moins joliment et son talent a été reconnu par celui cité parmi les plus grandes références de variétés française. Que demander de plus ? 

Cela fait plusieurs années que je l’écoute. Elle m’a bercé en même temps que Léo Ferré, Jacques Brel, Barbara et, évidemment, Charles Aznavour. Il eut fallut que j’attende cette année pour découvrir que la voix derrière Charles, c’était elle. Après de nombreuses recherches – j’allais forcément découvrir d’autres choses – je suis tombée sur plusieurs génériques de dessins animés qu’elle interprétait pour La Cinq. Quelle fut ma surprise d’apprendre qu’elle est la voix de la BO des Quatre filles du docteur March.

« Toutes pour une, une pour toutes.

Elles s’adorent même quand elles se fâchent !

Toutes pour une, une pour toutes.

Ce sont les quatre filles du docteur March. ».

Si cela ne vous dit rien, c’est que vous êtes probablement né après les années 2000. Si cela vous dit quelque chose, vous pouvez enfin mettre un visage sur cette voix qui vous a accompagné étant enfant ! 

Lorsque l’on écoute des chanteurs ou chanteuses que l’on adore, on la ressent : la joie. Le bonheur de l’instant présent, celui où l’on ne fait rien hormis profiter. Lorsque l’on écoute Claude Lombard, on a besoin d’en savoir plus. Elle nous invite dans son monde à travers ses textes, un monde où l’on se sent bien, où il fait bon vivre ! Alors on fouine, on traque, cherchant la petite bête et ne la trouvant pas. Et puis vient le moment où l’on arrête, rien ne sert de s’épuiser à trouver l’introuvable. Alors on sourit et l’on profite en se disant : « c’était bien, le temps où l’on chantait nos sentiments ». 

 

Jenna

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s