Cher Confinement

Cher confinement, 

L’annonce de ton arrivée n’était pas ma seule peine. Si ce jour là je t’accueillais, je laissais partir mon bien-aimé à 19 000 km de là où je me trouvais. Autant te dire que je te haïssais, comme l’oncle un peu bourré qui arrive par surprise a ton anniversaire et qui vide la piste de danse. C’est dire.

Sans d’autres choix possibles, j’ai fini par te rejoindre sur la piste. Tes pas imprécis et ta tendance à t’écrouler sur le reste du monde m’ont fort gêné, je dois l’avouer. Et pourtant. Si mon amoureux est parti, est-ce une raison pour arrêter de danser ? Non, je ne suis pas comme ça, je ne suis pas de celles qui attendent sur le côté à regarder leurs escarpins des grands jours. Non, moi je suis du genre qui prend les problèmes à bras-le-corps. Et quel problème…

En plus de me retrouver sans aucune activité comme la plupart des humains de la terre, je me suis retrouvée seule… Avec un tas de pensées noires et surtout une incapacité inégalée à les faire disparaître. Ce petit nuage narquois qui me suivait partout m’appréciait décidément, un peu trop. Mais bon, tu sais ce que c’est, les hommes sont attirés par la détresse des femmes. Tu ne fais pas l’exception, Confinement. Tout ça, c’est de ta faute ! Si seulement tu ne t’étais pas abattu sur le monde comme la pomme sur la tête de Newton… Non, c’est un mauvais exemple puisqu’après ça, il aurait écrit la première théorie sur la gravité, et ça, c’est pas mal. Non, toi, tu n’es porteur que de maux !

D’accord, je me calme ce papier n’est pas mon exutoire. 

Après avoir pesté, une semaine, deux, trois… J’ai fini par me rappeler de ce qu’on dit sur les bruts. Si tu ne peux pas la battre, fais en ton ami. Aussitôt dit, aussitôt fait. J’ai arrêté de broyer du noir et me suis mise au vert, au orange, au jaune. J’ai regardé par mon balcon de longues heures, comptant, observant, analysant toutes ces couleurs que tu n’avais pas noirci, bien au contraire. Et qu’est-ce qu’elles étaient belles. Je les ai toutes absorbées et peu à peu elle ont remplacé le gris ambiant de mon esprit.

J’ai écrit tous les jours à mon prince, en passant de l’angoisse à l’espoir, de la mélancolie à la joie. 

Je t’ai utilisé, pour me retrouver, pour penser, pour travailler et pour aimer.

À l’aube de notre rupture je crois que je ressens de la tristesse et que maintenant je ne peux plus me passer de toi.

Ma bulle, mon havre, mon Confinement. Est-ce que j’en viendrai à te remercier ? N’exagère pas non plus ! Tu as déjà eu bien trop d’attention.

Va t’en et ne reviens plus.

Adieu

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s